Après les fuites d’uranium sur le site de la centrale du Tricastin il y a un an, la mise en examen d’EDF le 26 août dernier pour espionnage informatique de Yannick Jadot, alors directeur des campagnes de Greenpeace, la renégociation indécente de l’exploitation d’uranium au Niger, et le scandale des déchets français abandonnés sur le site de Tomsk-7 en Sibérie révélé par Libération cette semaine, la découverte gravissime de plusieurs dizaines de kilos de plutonium « oubliés » sur le site de Cadarache confirme non seulement les risques majeurs liés au nucléaire, mais aussi l’absence de contrôle, de transparence et de démocratie autour de cette industrie.
« Cette effrayante découverte à Cadarache rappelle que des camions « banalisés » transportant du plutonium traversent la France tous les jours. Loin du papier glacé de leurs brochures et des dizaines de millions d’euros dépensés en publicité, Areva, EDF et le gouvernement ne peuvent masquer la réalité : le nucléaire est une industrie extrêmement dangereuse et polluante. » précise le député Yves Cochet, député de Paris.
Pour les parlementaires Verts, soutenus par Europe-Ecologie, le plutonium est aussi une matière très « proliférante ».
A ce sujet, Noël Mamère, député de Gironde, indique que « le président Sarkozy est devenu un VRP de la technologie nucléaire à l’étranger, y compris à des dictateurs comme Khadafi ! Il faut absolument que, comme aux Etats-Unis, les exportations de technologies sensibles soient soumises au contrôle et à l’autorisation du Parlement.
Nous serons attentifs à ce que cette commission d’enquête parlementaire puisse faire toute la lumière sur les aspects financiers de cette industrie. Faillite industrielle et financière en Finlande et à Flamanville, stratégie douteuse de rachat de British Energy, il est temps que les citoyens français sachent la vérité sur les milliards d’euros brassés par EDF et Areva. »
Yannick Jadot, député européen ajoute que « le nucléaire échappe depuis trop longtemps à la démocratie, comme il échappe à la rationalité économique, énergétique et sociale. Le Parlement doit s’emparer de ce sujet et ne peut plus se satisfaire des surprises et des déclarations d’intention des ministres en charge. »
« Chantal Jouanno déclarait il y a quelques jours que l’écologie de l’UMP se distinguait notamment par son soutien au nucléaire. Décidemment les parlementaires écologistes n’ont pas les mêmes valeurs » conclut le député Europe Ecologie.
Retour sur les faits avec un communiqué du CEA :
« Dans un communiqué daté du 14 octobre 2009, l’ASN a annoncé sa décision de classer au niveau 2, sur l’échelle INES qui en compte 7, un évènement (écart d’évaluation de la rétention de plutonium, constaté lors des opérations d’assainissement de l’ATPu de Cadarache) déclaré au niveau 1 par le CEA le 6 octobre dernier. L’Autorité de sûreté nucléaire met en avant un retard de trois mois dans la déclaration de cet événement.
Le 11 juin dernier, le CEA avait informé oralement l’Autorité de sûreté nucléaire de l’existence d’un écart entre les quantités estimées de matières en rétention dans les boîtes à gants et celles qui ont été finalement recueillies à la suite du démontage des premières boîtes à gants. Cette information a été donnée à l’occasion d’un échange portant sur la préparation d’une visite d’inspection par Euratom qui devait se dérouler le 23 juin, au cours de laquelle le CEA a signalé un écart qui a été enregistré par les inspecteurs.
Le même constat a été présenté aux inspecteurs de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) au cours d’une inspection qu’ils effectuaient les 1er et 2 juillet 2009, à la demande du Haut Fonctionnaire de Défense et de Sécurité (HFDS).
Les opérateurs avaient jugé à l’époque qu’il était préférable, dans la déclaration à faire à l’ASN, d’apporter une estimation globale, prenant en compte la totalité de la matière susceptible d’être récupérée dans l’ensemble des 450 boîtes à gants plutôt qu’une estimation partielle portant sur les boîtes à gants déjà démontées. »