« 10 millions de tonnes de CO2 émises dans l’atmosphère, voilà le bilan du projet de terminal charbonnier à Cherbourg. » Pas vraiment habitué à faire dans la dentelle, le député-maire de Bègles a tiré à boulets rouges sur le projet de la compagnie maritime Louis Dreyfus armateurs. Celle-ci souhaite implanter un site d’éclatement pour les cargaisons de charbon à destination des centrales thermiques anglaises. Objectif : gérer, à court terme, un trafic de 8 millions de tonnes en import-export.
La deuxième enquête publique, en cours, suscite une forte mobilisation des opposants. Ils ont reçu le soutien de Greenpeace et des Verts. Ces derniers ont dû rappeler à l’ordre leurs élus locaux. Ceux-ci avaient d’abord émis un avis favorable avant d’être recadrés par leurs instances régionales.
Projet dépassé et archaïque
Sur le port battu par la pluie et le vent, Noël Mamère a dénoncé « un projet dépassé et archaïque en contradiction avec le Grenelle de l’environnement et les objectifs du sommet de Copenhague » à la mi-décembre. « Développer un trafic de charbon, c’est regarder l’avenir dans un rétroviseur », estime l’élu girondin. « À Bordeaux, en se mobilisant, la population a réussi à bloquer le projet de terminal méthanier », poursuit-il en appelant à la résistance locale. Samedi, une manifestation des anti-charbon est annoncée à 14 h 30 place Napoléon.
De passage dans le Cotentin, Noël Mamère ne pouvait manquer le détour par Flamanville. L’occasion de dénoncer une nouvelle fois l’EPR et l’énergie nucléaire. « Il faut 25 à 30 ans pour sortir du nucléaire. Cherbourg pourrait être un site pilote de cette reconversion. » Une proposition qui sonne comme un slogan de campagne électorale. « Bien sûr que ces sujets vont animer les débats des Régionales. »
Yannick Soubien, vice-président Vert du conseil régional, et François Dufour, d’Europe écologie, ne démentent pas. « Ces sujets alimentent le travail que nous menons actuellement pour notre convention régionale fin novembre », soulignent les deux candidats aux élections de mars 2010. Des sujets sur lesquels il sera difficile de trouver un consensus avec le PS du Nord-Cotentin pour le second tour.
Jean-Pierre BUISSON.